Vous essayez par tous les moyens d’être heureux(se)… mais vous avez l’impression que vos efforts ne mènent à rien et que, au contraire, ils vous rendent plus malheureux(se) de jour en jour. Une situation un peu étrange, surtout pour vous qui pensez que le bonheur est le principal but dans une vie. Si ce n’est pas le cas, qu’est-ce qui doit vous faire aller de l’avant ? L’injonction du bonheur, la happycratie comme l’appellent certains médias, ne serait-elle finalement qu’une forme de manipulation ? Il n’y a pas que le bonheur dans la vie…

Le bonheur : une quête sans fin ?

Dans les livres, sur la toile, dans les médias, on peut lire : « dans la vie, l’objectif est d’être heureux ». Bon nombre d’entre nous sommes constamment à la recherche du bonheur, cherchant à se valoriser d’une manière ou d’une autre, à marquer des points ou à retrouver les petites choses « simples » de la vie. Durant de nombreuses années, le bonheur a été synonyme de réussite, conduisant de nombreuses personnes à chercher le « travail idéal », le « partenaire parfait » et « le plus bel appartement ». Dans cette quête, nombre d’entre eux sont sujets à des angoisses et à des dérives. Si la quête du bonheur résulte finalement en de profondes angoisses, nous sommes en droit de nous demander : qu’est-ce qui rend les gens heureux, au final ?

Certaines études tendent à démontrer que la quête du bonheur, en réalité, rend les gens malheureux. Le taux de suicide à travers le monde a augmenté : aux États-Unis, par exemple, le nombre de suicides a atteint son paroxysme, arrivant à son comble par rapport aux 30 dernières années. De manière objective, avouons-le, la vie est aujourd’hui plus facile ; néanmoins, de plus en plus de personnes perdent espoir et se sentent déprimées ou encore isolées. Simple paradoxe ? Qu’on le veuille ou non, il faut y faire face : un vide s’installe au cœur des individus, sans nécessairement avoir une quelconque relation avec aucune forme de dépression. À un moment ou un autre, nous sommes tous amenés à nous poser la question suivante : c’est ça le bonheur ? C’est tout ? Une situation de désespoir qui n’est pas nécessairement lié à un manque de bonheur. Non, le manque ne se trouve pas là : il se situe à un autre niveau : celui où une vie manque de sens. Tout simplement.

Bonheur ou sens : faites votre choix

De nombreux psychologues définissent le bonheur comme un état de confort et de facilité. Traduisons : le bonheur, c’est le bien-être au moment présent. Le psychologue américain Martin Seligman parle du sens de la vie. Pour lui, une vie qui a du sens est synonyme au fait d’appartenir et de servir autre chose que soi-même, au même titre que de développer le meilleur de soi-même. Alors que nous vivons dans une culture qui n’a qu’une obsession, la quête du bonheur, la recherche d’un sens à sa propre vie va bien au-delà de cette simple recherche. À ce titre, les études scientifiques montrent que les personnes qui cherchent à donner du sens à leur vie montrent plus de résilience, sont généralement de meilleurs élèves et de meilleurs travailleurs et vivent également plus longtemps. La question est donc de savoir : comment peut-on donner plus de sens à sa propre vie ?

À cette question, Emily Esfahani Smith, journaliste et auteure américaine, a tenté de répondre en interrogeant des centaines de personnes pendant cinq ans, en parcourant notamment des milliers de pages de manuels de psychologie, de neurosciences et de philosophie. Cette étude l’a conduit à considérer qu’une vie qui a du sens est fondée sur quatre piliers. Des piliers que nous sommes tous capables de mettre en œuvre, à raison de un, deux, trois ou même quatre au cours d’une vie.

Premier pilier : l’appartenance

L’appartenance découle des relations au sein desquelles nous sommes estimés pour ce que l’on est et où l’on estime également les autres. Certains ensembles de relations développent des formes très basiques d’appartenance. Il s’agit des groupes dans lesquels on est estimé pour ce en quoi nous croyons autant que pour ce que nous haïssons … mais pas nécessairement pour ce que l’on est. L’appartenance, la vraie, découle d’un sentiment d’amour et de bienveillance. Chacun de nous est libre de choisir d’appartenir à un ensemble au sein duquel on se montre bienveillant et soucieux de l’autre.

Sans même le réaliser, nous sommes tous enclins à rejeter les autres, à un moment ou à un autre. Combien de fois avez-vous fait vos courses au supermarché en apercevant quelqu’un sans même le gratifier d’un simple bonjour ? Combien de fois vous êtes-vous emparé(e) de votre téléphone portable pour consulter vos messages alors que vous étiez en pleine conversation avec un ami ou un collègue ? Des actions qui, au final, dévalorisent les autres, les faisant se sentir invisibles et indignes. En mettant l’amour ou l’affection au premier rang de vos priorités, vous êtes mu(e) par la vraie volonté de créer un lien véritable, un lien capable de faire grandir chacun des individus que vous rencontrez en les insérant dans votre ensemble de relations.

Deuxième pilier : l’objectif

Avoir un objectif dans la vie ne signifie pas seulement vouloir trouver un travail qui va nous rendre heureux. Avoir un objectif n’est pas lié à ce que l’on veut, mais à ce que l’on est capable de donner. Une infirmière aura pour objectif de soigner les patients ; un parent aura pour objectif d’éduquer ses enfants … la clé de l’objectif est d’utiliser ses propres forces et compétences pour les mettre au service des autres. Pour beaucoup d’entre nous, ceci se traduit essentiellement au travail, par un environnement dans lequel nous contribuons par nos propres actions et nos efforts en pensant que l’on a besoin de nous. Ceci nous amène à conclure que des problèmes tels que le chômage, le désengagement au travail conduisent à des difficultés qui vont bien au-delà de l’aspect économique : elles sont d’ordre existentiel également. En effet, lorsqu’ils n’ont rien qui vaut la peine d’être fait, les gens se sentent perdus. Trouver un objectif au travail n’est pas obligatoire, bien évidemment, mais l’objectif, d’une manière générale, nous donne une raison de vivre, un « pourquoi » qui nous fait avancer.

Troisième pilier : la transcendance

La transcendance correspond à ces rares moments au cours desquels nous nous sentons sur un petit nuage, bien au-delà des tracas quotidiens ; les moments au cours desquels nous ne pensons plus à nous-mêmes et nous sentons connectés à une réalité tout autre. Pour certains d’entre nous, la transcendance proviendra de la contemplation d’une œuvre d’art, de l’écoute d’un morceau de musique ou encore de la lecture d’un livre. Pour d’autres, elle viendra la participation à un événement ou, pourquoi pas, à une messe… La transcendance vient de quelque chose qui vous fait oublier le temps et l’espace, peu importe ce que c’est. A ce titre, elle est différente pour chacun d’entre nous. Des expériences de transcendance sont à même de changer un individu du tout au tout. Une étude américaine a invité des étudiants à observer 200 eucalyptus pendant une minute. À la fin de cette expérience, la plupart des participants se sont montrés moins centrés sur eux-mêmes et même plus généreux lorsqu’on leur demandait d’aider quelqu’un. CQFD.

Quatrième pilier : les histoires

L’histoire que nous racontons sur nous-mêmes constitue le quatrième pilier. Le fait de créer une histoire de toutes parts en devenant le narrateur de notre propre vie permet de clarifier bien des choses. Le fait de verbaliser les événements nous permet de comprendre comment nous sommes devenus nous-mêmes. Ce que nous ne réalisons pas nécessairement, c’est que nous sommes les auteurs de notre propre histoire et que, de ce fait, nous pouvons changer la manière dont nous racontons notre histoire. Notre vie n’est pas qu’une suite d’événements qui s’enchaînent les uns, les autres comme des épisodes d’une série télévisée : il nous est possible d’éditer, d’interpréter et de raconter notre histoire d’une autre manière, même en conservant les contraintes liées à la réalité des événements passés.

Les gens qui se disent : « ma vie était mieux avant », ont tendance à être déprimés et anxieux. Le psychologue américain Dan McAdams parle d’« histoire rédemptrice » au cours de laquelle les mauvaises choses sont, en quelque sorte, « rachetées » par les bonnes. Les gens qui donnent un sens à leur vie tendent à vivre au gré de leurs histoires. Ils parviennent à outrepasser les expériences négatives de leur vie pour recommencer à zéro et repartir de plus belle. La manière dont ils le font varie d’un individu à l’autre : certains font la démarche d’aller voir un thérapeute, d’autres le font par eux-mêmes. Ces derniers conduisent une profonde réflexion par rapport à leur propre vie : ils étudient la manière dont les expériences les ont conduits à être ce qu’ils sont, ce qu’ils ont perdu ce qu’ils ont gagné. Une histoire ne se change pas du jour au lendemain. Cela prend des mois, voire des années et demande bien souvent de l’effort. Le fait d’embrasser des souvenirs pénibles peut nous conduire à acquérir une meilleure perception quant à notre propre vie et une forme de sagesse également. Cela nous conduit à aboutir à la compréhension que c’est finalement le bien qui nous fait avancer.

Plus tôt ces piliers sont inculqués dans la vie d’un individu, plus ils ont de chances de se former de manière solide et durable. Donner du sens à sa vie et vivre une vie qui a du sens est un processus continu qui demande beaucoup d’effort, en permanence. Le bonheur va et vient. Lorsque les choses ne vont pas comme on aimerait qu’elles aillent, avoir une vie qui a du sens donne quelque chose à laquelle nous pouvons nous rattacher et continuer à avancer.

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